On parle de nous…

« SUD OUEST » – Vin : la révolution digitale des Éditions Féret

Aux mains de Stéphane Zittoun, les éditions Féret mènent leur révolution digitale. Cette mine d’informations sera en accès libre pour les professionnels et le grand public

Peu de filières possèdent à ce point un ouvrage historique de référence. À Bordeaux, les éditions Féret sont une véritable bible du monde viticole. Même les tribunaux s’en servent pour retracer le passé d’une propriété. Ce sont des archives qui font autorité.

C’est en 1850 que paraît le premier « Bordeaux et ses vins », l’ouvrage fondateur de la maison. C’était alors la traduction française d’un livre paru quatre ans plus tôt à Londres. Aujourd’hui, 170 ans plus tard, 19 éditions sont parues. La dernière, remontant à 2014, répertorie les propriétés existantes, avec des milliers de pages et d’illustrations (125 euros). Le tout pesant plus de 2 kg !

Ce patrimoine est depuis deux ans aux mains de Stéphane Zittoun. « J’ai été séduit par cette institution qui coche toutes les cases de mes passions : Bordeaux, l’histoire, le vin et la littérature », explique l’entrepreneur installé dans ses bureaux au centre de Bordeaux. entouré de ses neuf collaborateurs. Il a réussi en fondant en 1999 la société NP6 et en la revendant, fin 2020, au parisien ChapsVision ; c’était alors 50 collaborateurs pour 8 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La richesse du Data

Le métier de NP6 ? Traiter des milliers de données – par exemple des tickets de caisses venant de magasins ou des factures émises par des sites internet – pour « profiler » les clients (aimant tel ou tel produit…) et donc permettre des offres commerciales ciblées. Un métier de marketing au cœur de cet univers du data (traitement des données) promis à un bel avenir.

Une méga carte d’identité à actualiser tous les ans par les châteaux

Tout naturellement, Stéphane Zittoun utilise ce savoir-faire pointu pour mener la révolution digitale de Féret. « L’entreprise, au bord du gouffre, perdait de l’argent tous les ans. Nous changeons son modèle économique en s’appuyant sur ses 12 000 noms et marques (1). » Concrètement, l’homme va demander aux vignerons de remplir des fiches complètes : terroir, vins, tarifs, ouverture au public… Comme une méga carte d’identité, au format standardisé, et qui sera facilement actualisée à chaque millésime (médailles, notes de dégustation…). Le tout traduit en 8 langues (anglais, allemand, mandarin…).

Un travail aujourd’hui un peu « bricolé » et qui aura l’avantage demain de servir, de manière fluide et dématérialisée, à tous les niveaux d’une vaste filière (voir par ailleurs) où l’information ne circule pas toujours bien. Entre le vigneron et le négociant, puis entre le distributeur (grossiste, grande surface, importateur…) et le consommateur final. Chacun ayant besoin de données fiables. « La filière vin n’est pas très geek, on y est meilleur au sécateur qu’au clavier », s’amuse l’homme du digital.

Information certifiée

« Il en coûtera 700 à 2 000 euros par an au vigneron, suivant les versions, et ce sera gratuit pour tout l’aval de la filière. Féret doit devenir la référence de l’information viticole certifiée », assure celui qui annonce pour 2023, en parallèle, une vingtième version papier de « Bordeaux et ses vins » (2). « On pourra sortir le « Féret des femmes », des jeunes, de telle appellation… Une fois la base constituée, toutes les déclinaisons sont possibles. Le modèle est duplicable dans d’autres régions. Mon métier est à la fois un travail de masse et d’orfèvre. »

Le déploiement de cette nouvelle vie de Féret est attendu pour l’été. Via le site feret.com, les informations seront en accès libre pour le grand public. Si l’internaute en donne l’autorisation, il pourra recevoir des offres commerciales d’un château. Un outil pour faire du business.

(1) Féret avait été vendu par l’homme d’affaires Marc Faujanet, qui l’avait lui-même acheté, en 2016, à des actionnaires réunis autour de Bruno Boidron.

(2) Féret abandonne l’édition de livres autres que « Bordeaux et ses vins ». Une collection qui a pu compter jusqu’à 250 ouvrages.

Une galaxie

Le travail de Féret devrait permettre de mieux faire circuler les informations venant des châteaux et ce au sein du vaste vignoble bordelais. On y trouve en effet plus de 5 000 récoltants sur 110 000 ha, soit 600 à 700 millions de bouteilles par an. 28 coopératives assurent un quart de la récolte totale, essentiellement mise en marché par quelque 300 négociants, via une centaine de courtiers. Et ce à des milliers de restaurants, cavistes, grandes surfaces et autres clients à l’exportation. On trouve 9 000 noms de châteaux (au sens d’une marque commerciale) car une même exploitation peut en proposer plusieurs. Autour de cette galaxie gravitent des milliers de fournisseurs (tonneliers, marchants d’étiquettes…) et de professionnels (chercheurs, institutions…).

Par César Compadre – c.compadre@sudouest.fr
Source : Sud Ouest

« Je suis ravie que le vénérable Féret passe au numérique »

 

Jancis Robinson

« La référence du vin de Bordeaux et de ses acteurs s’installe de très belle manière dans le nouveau siècle »

Gilles de Revel, Institut des Sciences de la Vigne et du Vin

« L’exactitude de la data dans le vin est aujourd’hui le nerf de la guerre, Les éditions Féret sont capables de fiabiliser et diffuser celle-ci de manière efficace. »

Gwendal Bazin, Carrefour

À propos de Féret

Connue et reconnue pour l’édition de son guide Bordeaux et ses Vins, Féret est aussi la plus ancienne maison d’édition indépendante de France. Fondée en 1812, elle est un important témoin de l’histoire viticole à Bordeaux.
En lire plus

Pré-inscription et contact

La pré-inscription est gratuite et sans engagement !
Si vous avez une question, n’hésitez pas à nous laisser vos coordonnées et le message que vous souhaitez. Nos équipes vous répondront très rapidement.